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  • Nicolas Heux

Vingt bonnes raisons d'utiliser la thérapie brève orientée vers les solutions...


... Dans la prévention des risques au suicide


Ce texte est une traduction d’une intervention de Heather Fiske, Ph,D, C. Psych.

11 novembre 2017 à Santa Fe, NM.




1) La Thérapie Brève Orientée Solution (TBOS) est une méthode efficiente, efficace et factuelle. Le temps compte quand il s’agit d’un risque de suicide.


2) Toute conversation avec une personne suicidaire peut être la dernière occasion de faire la différence. La pratique de la TBOS, de par son accent mis sur le changement dès le début du traitement, peut maximiser la probabilité que les conversations iront au-delà de l'évaluation des risques et auront donc un impact thérapeutique.


3) La pratique de la TBOS utilise les forces et les capacités qui sont déjà présentes chez les clients, dans leurs familles, chez leurs amis ou dans leurs communautés (ce recours aux ressources existantes est l’un des facteur principal qui rend cette approche aussi efficace). Apprendre de nouvelles compétences ou acquérir de nouvelles techniques pour faire face est difficile pour une personne en crise. Apprendre que l'on fait déjà certaines choses qui vont dans la bonne direction, et que l’on a des capacités ou des qualités précieuses à apporter à sa situation de crise peut être source d'espoir.


4) Une conversation centrée sur la solution est « favorable à l’espoir » (Y. Dolan), dans la mesure où se concentrer sur les forces et les ressources favorise l’espoir, et parce que la TBOS est résolument tournée vers le futur.


5) Les questions centrées sur les solutions peuvent servir de « tape sur l’épaule » (I.K. Berg) qui aide les clients à se souvenir de leurs propres ressources et des raisons pour rester en vie.


6) Le travail axé sur les solutions oriente la conversation vers l'espoir et les raisons de vivre, plutôt que sur les raisons et les causes des pensées suicidaires.


7) La TBOS est un traitement individualisé axé sur le client, cela réduit le risque qu’il puisse avoir le sentiment d’être soumis à un protocole, avec des évaluations standardisées.


8) Les clients qui pensent au suicide mettent souvent en doute le futur ou ne peuvent pas du tout y penser. La TBOS propose des techniques spécifiques pour travailler avec l'avenir.


9) « L’adresse de l’espoir est dans le futur ». « Donc la majeure partie de la conversation devrait être axée sur l'avenir, cela vaut la peine d'être vécu ». (B. Lavoie, dans Fiske & Lavoie 2016)


10) La question miracle axée sur la solution convient souvent bien avec les hypothèses d’une personne désespérée et peut donc susciter des possibilités de changement.


11) Les questions à échelle et autres techniques centrées sur les solutions aident à sortir de l’espace des problèmes et à opérer des changements en plus petites étapes, plus faciles à gérer (parcellisation). Ce processus diminue les idées suicidaires sur le fait que nos problèmes sont inéluctables, interminables et intolérables.


12) La technique de recherche des moments d’exception peut élargir le champ d'intervention. Les exceptions incluent les croyances, les émotions, les actions, les stratégies adaptatives.

Par exemple : moments où les clients avaient une vie meilleure ; quand ils se sentaient vivants, plein d'espoirs, utiles, nécessaires ; quand ils ont senti qu'ils avaient ce qu'il fallait pour continuer, pour gérer la situation, pour se contrôler ou se prendre en charge, etc.)


13) L’aide axée sur la solution ne prétend pas protéger ou sauver le client, elle collabore avec lui pour trouver une meilleure version de sa vie.


14) Bien que les conversations en TBOS ne se concentrent pas sur le problème, elles provoquent généralement suffisamment d’informations sur le problème et l'histoire pour faire une évaluation de la situation et du risque pour la personne.


15) La TBOS se concentre sur la coopération avec le client, elle est donc efficace avec les clients qu’on dit « résistants ».


16) Une conversation centrée sur la solution permet de se concentrer sur les espoirs et les raisons de vivre et peut donc :

· Contribuer à de meilleurs résultats pour les clients

· Faciliter la tâche du thérapeute en ayant des conversations factuelles sur les risques de suicide

· Être à la fois prévention et antidote contre des traumatismes secondaires


17) La pratique centrée sur les solutions protège la santé mentale et le bien-être des praticiens effectuant ce travail et les aides à garder espoir et à faire l'expérience de plus de patience et de compassion envers les clients.


18) Une pratique centrée sur les solutions avec des collègues peut améliorer la communication, la collaboration et les appréciations, et ainsi renforcer le filet de sécurité.


20) Certains problèmes ne peuvent pas être résolus, donc nous ne souhaitons pas utiliser une approche centrée sur le problème. En utilisant la TBOS, on peut aider les clients à se concentrer sur un avenir qui en vaut la peine et vivre malgré la perte ou la tragédie.



BIBLIOGRAPHIE


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