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  • Nicolas Heux

L'APP et le CODEV face aux contraintes de la crise sanitaire




Comment transformer un problème en opportunité ?



Au mois de mars 2020, avec l’arrivée de la pandémie en France, le premier réflexe des organisation sociales avec lesquelles je travaille a été d’annuler les séances d’APP pour répondre à l’urgence de la situation et de respecter les règles de distanciation sociale.


Ainsi, c’est dans l’une des périodes les plus délicate de l’histoire, pour les établissements sociaux et médicosociaux que ces groupes d’Analyse des Pratiques Professionnelles se sont arrêtés. Ces séances de travail se déroulaient jusque-là sur site, en présence des personnes concernées.



Pendant cette période d’incertitude, tous ces professionnels ont dû faire preuve d’adaptation et de responsabilité pour assurer la continuité des services, tout en rassurant les publics concernés.


Face à cette situation et après quelques semaines de réflexion, la grande majorité de mes clients ont accepté de tenter l’expérience pour se retrouver en visioconférence.


Une fois dépassé les problèmes techniques et d’organisation, la plupart des professionnels ayant vécu l’expérience, ont développé un regard critique sur ces nouvelles façons de fonctionner et ont pu témoigner de certaines opportunités que je peux ici vous lister :



· La continuité de la prestation et ce, malgré les différents confinements

· Une plus grande flexibilité en matière d’organisation de la séance (horaire, lieu…)

· Concentration sur son écran avec une attention pleine et entière donc plus facile que dans une salle de réunion

· Une parole plus libérée du fait de la distance et du choix fait de la vidéo ou pas.

· Les prises de paroles sont plus contenues, les interférences sont moindres et il est plus facile d’aller jusqu’au bout de son raisonnement, de ses idées.

· Face à la caméra, le port du masque n’est pas obligatoire et donc les conversations en sont plus agréables.





Les opportunités à moyen terme


Pour des raisons personnelles et professionnelles, j’ai passé l’ensemble du deuxième confinement au Québec (Canada) et j’ai donc animé tous ces groupes d’APP en visio-conférence depuis ce pays. J’ai pu, à travers cette expérience et les retours des participants, réfléchir aux opportunités que pouvaient faire naitre l’utilisation de ces nouveaux modes de relation et de communication.


Le temps d’une connexion sur ZOOM et d’une séance d’APP, la distance n’existe plus, ou pour le dire autrement, c’est la distance qui nous rapproche. Partant de ce principe, j’ai pensé qu’il pouvait y avoir un intérêt majeur à intégrer la visioconférence dans les groupes d’APP en fonction de besoins spécifiques et des nouvelles réalités structurelles.


En effet, au sein des établissements sociaux et médico-sociaux, les cadres partagent souvent des missions similaires mais sur des sites étalés de plus en plus sur l’ensemble du territoire français (territoires d’outre-mer compris).


La coopération internationale n’est que trop rarement développée dans le secteur du travail social et pourtant, s’ouvrir à d’autres professionnels, apprendre des différences culturelles dans le champ de l’innovation sociale (notamment dans les pays francophones) serait d’une richesse infinie. La liste des possibles est longue quand la distance n’est plus une limite, en voilà une liste non exhaustive :


· La mise en place de groupes de travail et de réflexions pour les Directrices et Directeurs des EMS en France et à l’étranger sans limites géographiques

· Mise en place de groupes d’APP réguliers pour les salariés du secteur d’une même association mais travaillant sur l’ensemble du territoire français

· Développer des espaces de coopération internationale à travers des groupes interculturels d’Analyse de la Pratique ¨Professionnelle




En conclusion


Nous nous accordons ici sur le fait que rien ne remplacera jamais le fait de se rencontrer, se voir et parfois se toucher, ne serait-ce que pour se saluer. Le plaisir d’être ensemble n’est pas mort pendant la crise du COVID, il s’est même peut être renforcé. Privé de lien, de relation, le désire de se retrouver en est rendu encore plus fort qui plus est, quand le lien physique se substitue à un lien virtuel qui malgré lui, nous relie.



Avec cette crise et toutes ces nouvelles adaptations technologiques, nous pouvons légitiment nous questionner sur le fait de devenir des « mutants de l’intervention » social comme le décrivait Jean Paul Gaillard au sujet des adolescents qu’il voyait de plus en connexion plutôt qu’en relation.

Le risque, selon moi, serait d’opposer un modèle à un autre, de devoir choisir entre le présentiel qui parfois devient virtuel et le virtuel qui souvent devient présentiel !


Voir des opportunités et développer de nouvelles façons d’agir et d’interagir ne fait pas disparaitre les contraintes de notre époque et les effets de cette crise sanitaire sur notre pratique professionnelle. C’est seulement un changement de regard sur les situations qui nous permet de continuer d’avancer dans les situations les plus troublées.





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