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  • Nicolas Heux

Et si la première séance était la dernière !


Introduction à la thérapie d’une séance unique



Je souhaite, à travers cet article, vous parler d’une pratique qui me tient à cœur et que j’aimerais voir se développer en France. Il s’agit de la thérapie d’une séance unique (ou Single Session Therapy) que j’ai découvert en septembre 2018, lors d’une conférence de l’EBTA (European Brief Therapy Association) à Sofia. Flavio Cannistra, un psychothérapeute italien, est venu ce jour-là faire une présentation sur la Single Session Therapy et j’ai tout de suite pensé que c’était une approche qui correspondait parfaitement à mes valeurs et au sens que je voulais donner à l’accompagnement thérapeutique.

L’idée de cet article sera de vous expliquer en quelques lignes ce que j’entends par la thérapie d’une séance unique, puis de vous expliquer en quoi son développement s’inscrit dans une évolution logique de la psychothérapie en France (thérapies familiales, thérapies brèves, TCC, neuropsy…).



La thérapie d’une séance unique, qu’est-ce que c’est ?


La thérapie d’une séance unique s’est développée dans les années 1990 grâce à Michael F. Hoyt, Moshe Talmon et Robert Rosenbaum. Depuis, de nombreux professionnels ont rejoint ce mouvement et, notamment, Flavio Cannistra qui a créé le studio de la psychologie en Italie et écrit un livre sur ce sujet.



Bien sûr, la thérapie d’une séance unique est un service de plus dans le champ des thérapies brèves et ne remet en aucun cas en cause les approches traditionnelles et, notamment, la thérapie orientée vers les solutions.

La thérapie d’une séance unique, c’est l’idée que la thérapie ne pourrait durer qu’une seule séance. Le thérapeute et son client s’engagent donc à donner le maximum, le temps d’une rencontre thérapeutique d’environ 50 minutes. Selon Flavio Cannistra, on s’aperçoit souvent que de gros problèmes peuvent se résoudre avec de petits changements.

Selon Young (2008), la thérapie d’une séance unique s’inscrit dans un système de prestation de services au même titre qu’un médecin, un dentiste ou autre professionnel de santé.

La personne prend rendez-vous avec son thérapeute avec une demande de changement, un problème à régler, et le thérapeute s’engage à l’aider dans cette voie en gardant à l’esprit que cette séance pourrait être la dernière.


Ce changement d’état d’esprit fait toute la différence dans la relation thérapeutique, chaque séance est unique et pensée comme un tout.


Bien sûr, la personne est libre de demander une autre séance et de revenir voir son thérapeute ultérieurement, mais seulement si elle en éprouve le besoin. Ce ne sera en aucun cas la préconisation du professionnel. Pour le dire autrement, la porte ne se ferme pas après la première séance, chaque personne peut revenir quand elle le souhaite.


Cette nouvelle approche repose sur un constat assez simple qui nous invite à relativiser nos croyances et nos idées reçues par rapport à l’accompagnement thérapeutique, à savoir qu’il doit perdurer dans le temps pour être efficace.


En effet, selon une recherche de Weir et al (2008), près de 50% du temps, la psychothérapie ne dure qu’une seule séance. 20% du temps, elle est de 2 séances, 10% pour 3 séances, 5% pour 4 séances et un pourcentage minime au-delà.

Ce sont des chiffres et des pourcentages que je retrouve dans ma pratique de la thérapie brève orientée solution. Il arrive souvent qu’une séance soit suffisante pour la personne.

De plus, quand on propose aux personnes de faire un choix entre Single Session Therapy et approche traditionnelle, une sur deux choisit la thérapie en une séance unique (Hoyt et al. (1990) : 58% ; Weir et al (2008) : 42%).


Je mène actuellement une recherche, en France, avec des séances par Skype pour montrer l’intérêt de ce dispositif. Je vous invite à me contacter pour y participer.